« Mon ado n’est pas fait pour les études … »

Oui, il y a des jeunes qui ne sont pas faits pour les études, au sens classique du terme. Des enfants qui n’ont jamais aimé l’école, qui y sont en difficulté de manière chronique (à cause d’un trouble des apprentissages par exemple), … des ados pour qui l’école classique n’est vraiment pas adaptée. Or, tout le monde n’a pas accès, géographiquement ou financièrement, à des écoles proposant une autre pédagogie. Tout le monde ne peut pas, ou ne souhaite pas, déscolariser ses enfants pour leur proposer des apprentissages personnalisés. Que faire alors ?

l'école prise de tête

École et réussite professionnelle, main dans la main ?

Statistiquement, il est vrai que le niveau d’études est nettement corrélé à l’insertion professionnelle. Toutefois, même s’il est vrai que plus on est diplômé, moins on est au chômage, ce constat mérite d’être nuancé. Quel que soit le niveau d’études, il existe une statistique qui devrait réjouir tous ceux qui ne se sentent pas à l’aise sur les bancs de l’école : on a nettement plus de chance de trouver du travail peu de temps après sa sortie de l’école si on a fait de l’alternance ! Par ailleurs, certaines filières courtes facilitent plus l’accès à l’emploi que nombre de formations longues.

Et surtout, une fois dans l’emploi, ce n’est plus le parcours scolaire qui fait la différence : être un trop bon élève, dans le sens d’un élève trop « scolaire », n’est pas de pronostic très favorable pour la vie professionnelle et l’épanouissement personnel.

Le secret de la réussite : le projet

Un jeune qui a un projet et met tout en œuvre à l’école et hors de l’école pour le réaliser s’en sortira toujours mieux, non seulement du point de vue professionnel, mais aussi du point de vue de son épanouissement personnel, que celui qui suit des études parce qu’il faut faire des études, et que tel domaine l’attire davantage que tel autre (et c’est loin d’être un cas rare), et a fortiori mieux que celui à qui on a dit : « avec tes résultats, il vaudrait mieux que tu fasses cela ».

Dans tous les cas, sans aucune exception, le projet doit bien être le sien, et ne pas découler d’une orientation subie. Or, construire un projet personnel n’est pas une chose si aisée …

Les ingrédients du projet personnel

Pour construire un projet personnel, la première étape est de bien se connaître, et de construire de soi une image positive : tout jeune, quelles que soient ses éventuelles difficultés scolaires, a des talents, des goûts à valoriser, des capacités particulières. C’est sur ce positif qu’il faut construire, plutôt que sur de l’expérience négative.

Mais parfois, on a bien du mal à identifier tout ce positif, submergés par les messages négatifs, les expériences douloureuses, les échecs.

les ingrédients d'un bon projet professionnel

Les ingrédients d’un bon projet professionnel

Comment identifier ses forces et ses talents ?

Le coach dispose pour cela de nombreux outils. Mais de votre côté, vous pouvez commencer par interroger votre entourage, famille comme amis : « Si tu devais me demander un service, ce serait lequel ? et pourquoi ? ».

Vous pouvez aussi vous demander ce que vous aimez particulièrement faire. Sans doute avez-vous vécu un de ces moments où vous avez l’impression de maîtriser parfaitement la situation, vos gestes, que vous étiez comme porté par un courant et que tout s’enchaînait parfaitement, que vous étiez alors parfaitement à votre place … Repensez à ce moment : quelles étaient les circonstances ? Quel était votre rôle ? De quelles capacités avez-vous alors fait preuve ?

Ces questionnements ont toute leur place chez les adolescents et les jeunes adultes, malgré leur « manque d’expérience » : leur expérience, elle se fait dans le cadre scolaire et extra-scolaire, dans le cadre familial et amical aussi.

Pour aller plus loin, des outils professionnels

Un coach scolaire, ou un coach en orientation, pourra aussi proposer différents tests au jeune, afin de mieux connaître sa personnalité, ses aspirations, les domaines dans lesquels il pourra s’épanouir. Par exemple, il pourra s’appuyer sur des modèles comme celui du BigFive (permettant de mettre en valeur 10 grands traits de personnalité) ou celui de Holland (ou RIASEC pour « Réaliste », « Investigateur », « Artiste », « Social », « Entreprenant », « Conventionnel », les six grands foyers d’intérêt professionnel), pour aider son jeune client à déterminer, dans le dialogue, les métiers dans lesquels il pourra se réaliser. Comme il est réaliste, il l’éclairera aussi sur les réalités du monde du travail, actuel mais surtout à venir, dans ce qu’on peut en prévoir.

exemple de test big five exemple de test RIASEC
exemple de test « Big Five » exemple de test « RIASEC »

 

Construire son expérience, construire son projet professionnel

Une fois que le jeune sait où il va, il gagne en motivation. Et il va pouvoir construire son chemin vers la réalisation de son objectif, trouver une formation qui aura du sens pour lui, se faire un plan de formation tous azimuts ! Il ne s’agit pas seulement de choisir son orientation scolaire, mais d’avoir des projets complémentaires pour commencer à se créer un CV, une expérience, et enrichir ce que la formation classique peut apporter. Il peut s’agir de projets de réalisations personnelles, d’activités associatives en lien avec l’avenir professionnel dans lequel qu’il se projette, etc.

Selon son âge et son parcours scolaire, il peut aussi chercher des stages d’observation, chercher à rencontrer des professionnels (dans ce but, de nombreuses communes ou établissements organisent des « forums des métiers »), et engager la conversation sur leur métier, mais aussi sur leur parcours, les qualités recherchées dans leur domaine, les expériences appréciées, … bref, leur demander des conseils.

Choisir l’alternance

L’alternance est la solution de choix pour les élèves qui ne sont pas scolaires. Elle est accessible dès 16 ans (et même dès 15 ans si l’élève a terminé sa troisième), pour toutes les formations de lycée professionnel ou presque. Les Maisons familiales et rurales proposent même l’alternance dès la 4e ! Grâce à l’alternance, on peut obtenir les mêmes diplômes que ceux proposés en lycée, école ou université, et suivre les mêmes parcours, en intégrant par exemple un BTS après un bac pro, une licence pro après un BTS, …

Pour un(e) lycéen(ne) de filière générale et technologique, la perspective d’une formation en alternance dès après le bac, avec un projet construit, peut aussi se montrer très remobilisateur. Ou au moins suffisamment pour obtenir le bac, étape nécessaire du chemin. Combien de ces jeunes ai-je vu rayonner et se reprendre en mains, à partir du moment où ils ont su ce qu’ils voulaient faire, et comment ils allaient y arriver ! Et surtout en sachant qu’il existait pour cela des solutions de formation qui correspondaient bien mieux à leurs attentes.

Et l’alternance, c’est aussi très bien pour tous ceux qui sont très bien sur les bancs de l’école ou de l’université : c’est jusqu’à 26 ans, et ça concerne jusqu’aux étudiants de Master et d’école d’ingénieur ! Chacun devrait y penser à un moment de sa formation, car c’est un élément favorable sur n’importe quel CV.

 

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