Parents, soyez bienveillants … envers vous-mêmes !

Vous êtes parent et vous avez décidé d’évoluer vers une discipline positive, ou vers la Communication Non Violente, pour favoriser des relations familiales plus épanouies et efficaces. Seulement voilà, vous avez l’impression que vous n’y arrivez pas, que vous n’y arriverez sans soute jamais. Le découragement vous gagne, vous vous mettez à douter de vous-même, et de la démarche aussi. Et l’extérieur n’aide pas : votre démarche peut heurter les habitudes de votre entourage, et certains sont prompts à juger et à lâcher de petites phrases assassines lorsque votre enfant ou votre ado ne répond pas à ce qu’ils en attendent. Sans compter que vos enfants, et plus encore s’ils sont adolescents, sont peut-être déstabilisés par les changements que vous essayez d’introduire, et ne prennent pas de gants pour vous le signifier.

Bref : votre expérience de la discipline positive / de la CNV n’est pas un long fleuve tranquille. Rassurez-vous : c’est normal. Et ce n’est pas un échec. Mais les changements profonds comme ceux-là demandent du temps, de la persévérance, et beaucoup de bienveillance envers soi-même.

Devenir bienveillant envers soi-même

L’idée générale, c’est d’apprendre à porter le même regard bienveillant sur vous et sur votre couple parents-enfants que sur vos enfants eux-mêmes.

Rappelez-vous que Rome ne s’est pas construite en un jour : il faut laisser du temps au temps, pour que chacun ait le temps de s’habituer à ces nouvelles relations et de les investir. Que vos enfants soient méfiants au départ est normal. Cela bouleverse leurs habitudes, même si les habitudes antérieures ne leur convenaient pas. Et selon la nature de ces relations antérieures (cris, punitions, chantages plus ou moins conscients …), ils peuvent craindre un retour de bâton. D’autant que de votre côté, vous avez peut-être du mal à oublier des réflexes fortement ancrés, probablement nés dans votre propre enfance …

Il est donc important d’accepter son imperfection. Cela permet de mieux accepter celle des autres. En parlant avec vos enfants, en leur disant que vous faites de votre mieux pour progresser, que vous aimeriez faire équipe avec eux pour progresser ensemble, sans nier vos difficultés à passer par-delà les vieux réflexes ancrés, vous les convaincrez de votre sincérité. Débriefez, exprimez-vos émotions et vos besoins, encouragez-les à exprimer les leurs en vous montrant accueillant (sans jugement sur leurs ressentis). Vous n’en deviendrez pas parfaits, mais c’est comme ça que chacun cheminera vers des relations plus fortes, plus honnêtes et plus épanouies avec les autres.

Car la discipline positive, comme la CNV, sont des co-constructions dont vous êtes la force d’impulsion. Pour que ça fonctionne, il faut que tous les acteurs soient impliqués. Il faut expliquer la démarche à vos enfants, à vos ados, avec des mots qu’ils peuvent comprendre, en leur expliquant pourquoi vous souhaitez mettre ces démarches en œuvre, à leur bénéfice. Qu’ils comprennent aussi qu’il ne s’agit pas de laxisme ni de laisser-faire, mais que le but est de les aider à devenir des personnes adultes structurées, équilibrées et autonomes, capables de se prendre en mains … en les laissant se planter éventuellement (mais que vous avez considéré qu’il vaut mieux se planter à leur âge que lorsque les parents ne sont plus là pour aider à se remettre en selle). Si vous étiez des parents très contrôlants (en mode répressif, mais aussi hélicoptère), cela peut être déstabilisant pour vos enfants et expliquer que cela leur demande plus de temps. Mais cela signifie aussi que ce sera encore plus utile …

Être bienveillant envers soi-même, c’est bien sûr savoir se pardonner, mais aussi vouloir sa propre réussite. Cela nécessite donc un retour sur soi-même, et sur ses erreurs, pour ajuster le tir. L’auto-réflexivité est donc essentielle. Comme il n’est pas forcément aisé de la mettre en œuvre, elle peut être accompagnée, supervisée par une personne extérieure à la famille, et non jugeante (comme un coach parental par exemple)

Enfin, il vous faut sans doute apprendre à lâcher-prise, en déterminant ce qui dépend de vous et ce qui ne dépend pas de vous : quand ça ne fonctionne pas, ce n’est pas forcément de votre faute ! Faites de votre mieux, réfléchissez sur ce qui s’est passé, ajustez ce que vous pouvez ajuster, communiquez … mais laissez aussi les autres endosser leur part de responsabilité. Personne ne vous demande d’être Superman ou Wonder Woman ! Les parents parfaits n’existent pas, et c’est très bien comme ça. C’est aussi cela qui permet aux enfants de grandir, de se construire. Et puis, la perfection est une imperfection : qui supporterait quelqu’un de parfait dans son entourage ?

Enfin, vous êtes adulte, donc vous évacuez les pensées magiques : non, il n’y a aucun « truc » qui marche à tous les coups, dans toutes les familles, avec tous les enfants ! Oui, le choix de la discipline positive, le choix de la CNV sont de bons choix parce qu’ils permettront à vos enfants de développer des atouts précieux à l’avenir, et à votre famille de connaître à terme des relations plus harmonieuses. Mais personne n’a jamais prétendu que c’était facile de changer de logiciel. Pour que cela fonctionne, il faut de la persévérance.

Un pense bête pour en revenir aux fondamentaux

Un pense-(pas-)bête pour en revenir aux fondamentaux

Le seul secret de la réussite : la persévérance

Mais être persévérant n’est pas toujours simple. Voici quelques guides pour vous y aider :

  • Gardez toujours une vision à long terme: ce n’est pas parce qu’on trébuche en route qu’on n’atteindra pas le sommet. Gardez en tête ces deux idées : où vous voulez en venir, et votre droit à l’erreur.
  • Pensez en termes d’autonomisation: quand vous doutez, revenez-en aux fondamentaux. Quel comportement de ma part aidera le mieux mon enfant à grandir et à être capable de faire seul ?
  • Si vous êtes confronté-e à des jugements extérieurs, n’oubliez jamais que VOUS êtes le parent, qu’il s’agit de VOS ENFANTS, et que si vous commencez à vous plier à l’avis des uns et des autres, vous allez devoir partir dans tous les sens et que ce sera forcément pire. Et rappelez-vous aussi que les conseilleurs ne sont pas les payeurs !
  • Vous pouvez aussi écrire pour vous, et le garder dans un petit carnet, un agenda ou autre outil que vous avez toujours à portée de main, quelques mots ou phrases qui vous aident à vous rappeler pourquoi vous avez fait le choix d’une éducation plus coopérative. Ainsi, dans les moments de doute, vous pouvez vous y rapporter. Je connais même des parents qui ont collé à côté des photos de leurs enfants ou de leur famille, dans un moment de bonheur sincère (pas une photo posée, « factice », je pense que ça fonctionnerait moins bien). Ca donne un coup de boost dans les moments plus difficiles.
  • Garder aussi quelques mots-clés ou phrases-clés en tête, comme par exemple : « Les relations que je veux développer avec mes enfants sont faites de dialogue, de respect mutuel, d’écoute, de bienveillance. Et si je trébuche, je peux me relever et continuer le chemin.»
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *