Les devoirs de vacances : utiles ou pas ?

Les vacances arrivent à grands pas maintenant. Certains élèves de seconde les ont d’ores et déjà entamées. Pour les collégiens de 6e, 5e et 4e, ce sera en général le 22 juin, juste avant les épreuves de leurs aînés. Dans les librairies comme dans les grandes surfaces, les cahiers de devoirs de vacances sont bien en vue depuis quelques semaines déjà. Mais vous hésitez : est-ce un bon investissement ?

S’il y avait une réponse unique, valable pour tous, ce serait fantastique. Mais ce n’est pas le cas.

Quand éviter les cahiers de vacances ?

  • Quand votre enfant les refuse en bloc : même s’il a des difficultés, inutile d’espérer que le forcer à faire une page de cahier de vacances chaque matin pendant les vacances l’aidera à progresser. Vous n’y gagnerez que des conflits et de mauvais souvenirs de vacances. Son esprit n’étant pas disponible pour en tirer quoi que ce soit, vous aurez investi en pure perte.
  • Quand votre enfant a de grosses lacunes : ce n’est pas avec le survol proposé par les cahiers de vacances qu’il les comblera, malheureusement. Il faudra mettre en place un plan d’attaque nettement plus ambitieux.
  • Quand vous avez déjà plusieurs fois expérimenté les cahiers de vacances en vain … ou alors, il faudra vous y prendre autrement pour les utiliser.
  • Quand votre enfant s’est déjà ennuyé en classe toute l’année parce qu’il a très largement le niveau suffisant.

Pour qui est-ce utile de travailler pendant les vacances ?

Pour-ou-contre-les-devoirs-de-vacances

À peu près pour tout le monde, au moins un peu, surtout quand les vacances sont longues. Mais pour la plupart des élèves, il s’agira avant tout de faire vivre les connaissances et les compétences acquises dans l’année. Il pourra être utile, aussi, de se remettre dans l’ambiance scolaire une semaine avant la fin des vacances. Pourquoi pas grâce à un stage de méthodologie ou de remise en forme scolaire comme en proposent certaines communes ? Dans certains cas, un travail plus approfondi et personnalisé, à petites doses, tout au long des vacances peut être réellement bénéfique. Mais pas dans n’importe quelles circonstances !

Cas particulier : mon enfant va sauter une classe, est-ce que je dois le faire travailler pour rattraper son retard ?

Tout l’intérêt d’un saut de classe est justement d’éviter les redites et de redonner à la classe son statut de lieu d’apprentissage. Le début de l’année scolaire est traditionnellement consacré à des révisions : votre enfant, contrairement à ses camarades, apprendra dès la rentrée. Et il sera heureux. Alors laisse-le souffler pendant les vacances. Seule exception : si votre enfant saute une classe du secondaire, un peu de travail personnel sera utile pour les matières dont la progression s’appuie sur les acquis des classes antérieures, en particulier les mathématiques (à partir de la 5e) et les langues. Les autres matières fonctionnent par chapitre, et sauter une classe n’a rien d’un problème.

Comment bien travailler pendant les vacances ?

Votre enfant n’a pas de difficulté particulière

À moins que votre progéniture ne soit attachée aux cahiers de vacances, contentez-vous de lui proposer de mettre en oeuvre ses connaissances dans sa vie quotidienne. Ecrivez des cartes postales, créez un cahier de voyage, faites la cuisine (toujours aussi bon pour les maths, puis la physique si vous vous en sentez capable). Faites vivre la curiosité de vos enfants, et apprenez-leur à être curieux en montrant l’exemple. Une sortie au musée, au zoo, des balades en ville ou dans la nature, des docus ou de bons films en famille … Tout est bon. Et plus c’est varié, mieux c’est. Si vous avez suivi leurs leçons dans l’année, vous les aiderez à faire des liens. Laissez-les aussi expérimenter, inventer, bricoler … si vous ne pouvez pas partir en vacances, renseignez-vous sur ce que propose votre ville, votre communauté d’agglomération.

Votre enfant est en difficulté ou a des lacunes dans un domaine particulier

Ou a eu un prof absent une grande partie de l’année (ça arrive, et l’Education Nationale manque de professeurs remplaçants). Bref : il a des lacunes assez importantes, qui pourraient s’avérer gênantes,  mais pas trop anciennes. Le cahier de vacances spécialisé dans la discipline en question peut s’avérer utile. L’offre n’est pas pléthorique, il me semble que seul Nathan en fait, en français, maths et anglais. Pour d’autres matières, il faudra vous pencher vers des ouvrages parascolaires souvent moins attrayants, mais le jeu en vaut la chandelle si votre enfant est motivé.

Votre enfant a des difficultés massives

Si vous vous êtes arrachés les cheveux toute l’année devant les difficultés de votre fils ou de votre fille, que faire ?

Encore plus d’école ? Hum …

La meilleure chose à faire est de prendre ce temps de repos à enquêter sur les causes de ses difficultés, si vous ne l’avez pas déjà fait. Les pistes à suivre :

  • des difficultés relationnelles avec l’enseignant / les enseignants ?
  • des difficultés d’intégration auprès des autres enfants ?
  • des difficultés de concentration ?
  • des difficultés de compréhension ?
  • des difficultés d’accès au langage écrit ?
  • autre chose ?

La réponse à apporter dépendra du diagnostic … La première chose à faire, si ça n’a pas été fait déjà, est d’en parler à son médecin traitant. Lui pourra vous aiguiller, si besoin, vers des spécialistes locaux en qui il a confiance.

Vous pouvez aussi lire ces ouvrages :

Ces deux auteurs passent en revue différentes causes de difficulté scolaire, et vous y trouverez peut-être le portrait de votre enfant. Avoir des pistes à explorer, c’est reprendre la main sur le destin, et c’est un nouvel espoir qui renaît. Car quand on en connaît les causes, la difficulté peut généralement être prise en charge, au plus grand bénéfice de l’enfant.

Cela dit, faut-il le faire travailler pendant les vacances cet enfant ? Oui, s’il est volontaire, et si vous réussissez à le faire travailler différemment. Si c’est pour refaire la même chose qu’à l’école de la même manière, et dans la tension, peu de chance qu’il en tire beaucoup plus qu’à l’école. Et il risque d’en sortir encore plus découragé.

En revanche, si vous lui trouvez des manières nouvelles de travailler, en passant par le jeu et la manipulation par exemple, et en vous mettant à sa portée (pas à son niveau, mais juste au dessus), ces mois de vacances peuvent devenir un moment d’apprentissage privilégié !

Et pour tous :

  • Profitez des vacances pour faire lire vos enfants. Des livres adaptés à leur niveaux et à leurs goûts. Mais lire est essentiel. Ca fonctionne mieux quand ils vous voient lire, forcément. Et quand il fait mauvais temps 😀
  • À partir de la 3e (entrée au lycée général), vous pouvez vous montrer plus exigeants : se constituer une solide culture littéraire devient essentiel, et ça ne se fait pas pendant la seule année de 1re. Demandez conseil au professeur de français de votre enfant une bibliographie s’il ne la fournit pas spontanément.
  • Si votre enfant est dyslexique, pensez aux versions audio des classiques. Les classiques de la littérature jeunesse, eux, ont souvent été enregistrés chez Gallimard, et peuvent se trouver en médiathèque !
 

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