Croyances limitantes : l’ennemi intérieur

Des croyances, nous en avons tous, et heureusement ! On ne parle pas là de croyances religieuses, mais d’idées que nous avons intégrées comme vraies, et qui nous guident au quotidien. Elles sont absolument indispensables. Imaginez une vie où vous douteriez de tout, où chaque décision serait l’objet de tergiversations sans fin car vous n’auriez aucune certitude sur laquelle vous appuyer. Il y aurait de quoi devenir fou ou folle !

Donc, nous avons besoin de nos croyances.

Malheureusement, certaines nous font plus de mal que de bien : ce sont les croyances limitantes. Vous savez, cette petite voix qui nous dit : « Non, ce n’est pas pour toi … tu n’es pas assez intelligent-e, créatif-ve, courageux-se … ».

On les a souvent intégrées très tôt, à la faveur de remarques négatives de l’entourage (les « étiquettes » que parents comme enseignants mettent volontiers – et souvent tout à fait inconsciemment – sur les enfants[1]) ou d’une expérience malheureuse, d’un échec vécu comme indépassable. Elles peuvent aussi naître de la tradition familiale, verbalisée ou non : « Dans la famille, on est comme ça, on n’est pas comme ci … », ou des croyances des autres sur le monde : « Pour réussir, il faut … / il ne faut pas … ».

Le coach se trouve souvent confronté à ces croyances limitantes, puisque ce sont souvent les principaux obstacles à l’atteinte des objectifs de ses clients.

Comment dépasser ses croyances limitantes ?

1.      Les identifier

La première chose à faire est de les identifier. Souvent, elles s’expriment sous cette forme : « Je suis … / je ne suis pas … ». Chez les jeunes scolarisés, certaines croyances limitantes sont particulièrement destructrices : « je suis bête », « j’ai une mauvaise mémoire », « je suis nul-le en langues », « les maths, ce n’est pas pour moi », « je suis incapable de me concentrer », « je suis désorganisé-e », « je n’aurai jamais le niveau pour intégrer une prépa », « je voudrais faire ça mais mes parents ne seront jamais d’accord », « je vais encore me planter, comme d’habitude » …

Alerte à la croyance limitante !

Si vous vous dites …

  • « Je suis … » / « je ne suis pas … »
  • « Je suis trop … » / « je ne suis pas assez … »
  • « Ce n’est pas fait pour moi … »
  • « Je ne serai jamais capable de … »

… alors il y a de la croyance limitante dans l’air !

2.      Les questionner

La première chose à faire est bien évidemment de les remettre en question. Pourquoi est-ce que je pense cela ? Et si ce n’était pas vrai ? Quels indices ai-je que cela n’est pas vrai ?

C’est l’occasion de remettre en perspective ses expériences positives : j’ai forcément réussi des choses dans ma vie, aussi courte soit-elle. De quelles qualités ai-je alors fait preuve ? Est-ce que ça ne contredit pas cette croyance limitante que j’ai identifiée ?

Malheureusement, il est tout de même bien difficile pour une personne de remettre seule en cause ses croyances limitantes. La tendance naturelle va au contraire vers le renforcement de ses propres croyances, même si elles nous desservent : ce n’est pas productif, mais c’est rassurant !

Si on a du mal à les remettre en cause, il reste toujours le moyen de les neutraliser, au moins un peu : chercher comment contourner ce « défaut » qui nous empêche d’avancer. « Je veux devenir ingénieur, mais je ne suis pas assez bosseur-se pour faire une prépa et intégrer une école d’ingénieur ? OK, dans ce cas, cherchons d’autres moyens de devenir ingénieur … »

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3.      Les transformer ou les remplacer par des croyances aidantes

On n’est pas condamné-e à vivre toute sa vie avec les mêmes croyances, heureusement. Et on peut tout à fait choisir ses croyances, celles qui nous sont bénéfiques. Oui, la méthode Coué, si elle a beaucoup fait rire, est fondée, et sait se montrer efficace. Mais il y a encore plus efficace !

La première chose à faire est de se demander quelle croyance nous aiderait, au lieu de nous limiter. Par exemple : « Je suis tout à fait capable de fournir un travail régulier et approfondi. »

Ensuite, il faut lui donner corps. Il existe pour cela d’excellentes techniques de visualisation ! Après un temps de relaxation, on se visualise tel qu’on veut être (travailleur, confiant, sûr de soi en société …) : quelles attitudes, quels comportements, quels bénéfices associe-t-on à cette meilleure version de soi ?

Quand on a trouvé le soi que l’on veut être, et qui est en germe, vient le temps de s’adopter. « Fake it until you make it » disent les anglo-saxons. “Fais semblant jusqu’à ce que tu y arrives”. En adoptant les comportements associés à sa nouvelle croyance aidante, on finit par l’intégrer complètement. Voilà comment j’ai appris à avoir confiance en moi, comment j’ai osé sortir des chemins tout tracés sur lesquels m’avait mise mon éducation. Ca marche vraiment !

L’entourage, de son côté, a aussi un rôle à jouer en se montrant encourageant et en soulignant les réussites et les qualités plutôt que les échecs et les « défauts ». Après tout, s’il peut être à l’origine des croyances limitantes, il peut aussi favoriser les croyances aidantes ! C’est un des rôles du renforcement positif.

4.      Quel est le rôle du coach ?

Le coach a pour rôle :

  • d’aider à repérer les croyances limitantes et à en prendre conscience,
  • de favoriser le questionnement de ces croyances limitantes,
  • de guider le recadrage, afin de prendre du recul sur celles-ci,
  • puis d’aider à la visualisation et à l’adoption de nouvelles croyantes, qui seront aidantes pour la personne.

Bref : le coach accompagne et accélère le changement de croyances, au bénéfice de son client

[1] Un grand pédopsychiatre, spécialiste des troubles des apprentissages, raconte volontiers comment son fils aîné, hyperactif, a reçu à l’école le surnom « be quiet », qu’il a traîné jusqu’à l’âge adulte … jusque dans sa famille, ce qui lui pesait (et on le comprend !)

 

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