Burnout scolaire : quand l’élève en sur-régime finit par craquer.

élève en burnout scolaireUne notion pas si neuve

Le burnout scolaire ? Vraiment ? Mais les jeunes ne font pas de burnout ! C’est quoi cette histoire ? Le burnout, c’est une maladie du travail, ça !

Oui, cette appellation étonne, mais les psychologues pour enfants et adolescents commencent à l’utiliser, car ils voient de plus en plus de jeunes patients concernés. La tendance n’est cependant pas tout à fait nouvelle, même si la popularisation du terme burnout (ou burn-out) dans le monde du travail lui donne un nouveau nom. Auparavant, on parlait de surmenage. Le mot surmenage insiste sur la cause, l’excès de travail, quand le mot burnout insiste sur l’effet produit : la personne touchée  se consume de l’intérieur, et alors que l’extérieur semble intact, elle se sent vide, en cendres, à l’intérieur.

Les conséquences ? Quand on est touché, après une phase de résistance où on dépense une énergie folle à se maintenir à flots, on finit par s’effondrer, et ne plus pouvoir rien faire. Le jeune, comme le travailleur, ne peut plus travailler. Ce n’est pas de la fainéantise, mais une saine réaction d’auto-protection d’un organisme poussé à bout. Il me semble qu’un certain nombre de « phobies » scolaires relève en fait du burn-out.

Que faire contre le burnout scolaire ?

La meilleure façon de lutter est sans aucun doute de l’empêcher de survenir ! Pour cela, il faut s’assurer que son enfant ait un bon équilibre de vie, et qu’il investisse sainement sa scolarité. Oui, l’école, le collège, le lycée, les études sont importants, et y réussir est un atout important pour la suite de sa vie. Mais la vie d’un jeune ne saurait se limiter à ses études. Avoir un jardin secret, des activités de loisirs gratuites (c’est-à-dire sans enjeu, hors toute idée de compétition), des moments à ne rien faire, tout cela est aussi essentiel.

Certains parents, et même élèves, rétorqueront que ce n’est pas si simple, que les études entreprises demandent cet investissement, ou que l’élève y trouve du plaisir. Malheureusement, et même si ces points de vue sont tout à fait respectables, le risque n’en est pas moins important. Il est bien connu que les adultes qui vivent un burnout sont des personnes très investies dans leur travail, qui l’aiment, qui sont considérées comme des professionnels accomplis, et des battant-e-s.

Si l’on est déjà bien engagé dans le processus qui mène au burnout scolaire, des mesures doivent être mise en place en urgence. Je vous livre ici la première, qui consiste à prendre 10 minutes pendant le week-end pour organiser sa semaine. Ce travail est à faire par le jeune, c’est pourquoi je m’adresse à lui maintenant :

  • Commencez par y placer tout ce qui ne peut-être déplacé : les cours, les rendez-vous extérieurs, les activités sportives ou artistiques.
  • Ajoutez également toutes les plages des obligations quotidiennes : la toilette, les repas quotidiens, l’aide ménagère à la famille.
  • Ajoutez ensuite les plages de temps où vous apprendrez vos leçons et ferez vos devoirs. Vous vous fixerez une durée et une heure limites, qui varieront selon l’heure de lever, l’âge, le niveau scolaire, etc.
  • Il DOIT vous rester du temps libre. S’il n’y en a plus, réduisez votre durée de travail personnel. Pensez à votre corps et à votre cerveau : ils ont BESOIN de ce temps de repos, où vous laisserez libre cours au PLAISIR. Le plaisir d’être avec des amis ou votre famille, le plaisir de ne rien faire, le plaisir de lire, de regarder une série que vous appréciez, le plaisir de jouer, le plaisir de créer, le plaisir de vous défouler … C’est grâce à ces moments de ressourcement que vous pourrez maintenir votre efficacité au travail le plus longtemps. C’est une mesure d’hygiène !
  • Si vous ne voyez pas comment réduire votre temps de travail, demandez à rencontrer quelqu’un qui vous aidera à mieux vous organiser et à adopter des méthodes de travail qui vous rendent plus efficaces.
Si malheureusement votre enfant est déjà en burnout, la première chose à faire est d’aller chez le médecin, et de demander de l’arrêter. Comme s’il s’agissait d’un adulte en burnout. Puis de prendre rendez-vous chez un psychologue, qui l’aidera à remonter la pente. Le burnout, lorsque l’on s’effondre, peut provoquer une dépression. Il ne faut donc surtout pas le prendre à la légère.

Et ensuite, il faudra qu’il – ou elle – reprenne sa scolarité, dans de meilleures conditions, et revoir son organisation et ses méthodes de travail, afin de réussir sans s’épuiser ni sombrer de nouveau, en travaillant plus efficacement, dans le respect de ses besoins physiologiques et psychologiques. Ce sera sans doute le moment de rencontrer enfin un-e coach scolaire !

 

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