Adolescents : continuer à développer leur empathie

L’empathie est un des éléments majeurs de l’intelligence émotionnelle, et un « soft skill » (une « compétence douce », en français dans le texte) qui compte de plus en plus dans la réussite personnelle et professionnelle de chacun. Or, à quelques rares exceptions près, elle n’est pas enseignée, et la plupart des adolescents font en la matière leur éducation par eux-mêmes, ou entre eux, ce qui donne des résultats très variables ! Nous aurions tous à gagner à éduquer davantage nos adolescents à l’empathie. C’est la condition d’une société collaborative et bienveillante.

Bien comprendre l’empathie

L’empathie, c’est « une disposition acquise à ressentir ce que l’autre ressent sans toutefois s’y confondre ». Pour bien comprendre la différence avec la sympathie (ou contagion émotionnelle) et la compassion, un dessin vaut mieux qu’un long discours !

compassion synmpathie empathie

L’empathie, c’est donc, en d’autres termes, notre capacité à nous mettre à la place de l’autre pour mieux le comprendre. Elle est en partie naturelle (c’est le rôle des neurones miroirs, qui aident à l’empathie et à l’apprentissage), mais aussi pour une bonne part acquise au contact des autres, et grâce en particulier à l’entourage familial. Et elle dirige notre manière de réagir aux émotions d’autrui.

Pourquoi continuer à éduquer nos adolescents à l’empathie ?

Lorsque vos enfants étaient petits, vous les avez naturellement éduqués à l’empathie. Vous les avez aidés à mettre des mots sur leurs ressentis, à comprendre les réactions des autres, à respecter leurs sentiments et leurs besoins, etc. À l’adolescence, nos jeunes commencent à mener leur vie propre, s’éloignent un peu, et il est bon de leur faire confiance. Toutefois, les laisser se débrouiller seuls face aux situations sociales et affectives nouvelles qu’ils rencontrent ne devrait pas être une option …

Car alors, leurs seuls accompagnateurs deviennent leurs pairs … qui ne sont pas plus expérimentés !

Pourtant, leur intelligence émotionnelle est parfois mise à rude épreuve. Que ce soit dans la cour de récré, en sortant du lycée, ou sur internet, les situations sensibles ne manquent pas. Et parfois, ces situations tournent au vinaigre, et peuvent devenir destructrices.

Comment les parents peuvent-ils aider leurs ados à développer encore leur empathie ?

D’abord et avant tout en dialoguant avec eux ! Les aider à mettre des mots sur leurs émotions, à se décentrer en imaginant être à la place de l’autre, en essayant de comprendre les réactions au premier abord incompréhensibles … En repérant les jugements négatifs émis, pour en discuter de la validité. Bref, en s’intéressant à leur vie et en restant suffisamment ouverts pour qu’ils aient envie d’en parler. Si vos ados vous sentent intrusifs et jugeants, au contraire, ils vont se fermer.

Vous pouvez favoriser ce genre de discussions en parlant de vos propres expériences sociales (avec vos amis, au travail …) de manière constructive, en vous interrogeant sur les réactions des autres, sur vos propres réactions … La force de l’exemple est inestimable.

Si cela est encore trop impliquant, vous pouvez aussi parler de situations qui ne vous touchent pas directement, par exemple en prenant appui sur un film, une série, un reportage, un documentaire que vous aurez vu ensemble. Vous pouvez en particulier discuter des réactions des personnages, des personnes interviewées, pour essayer de comprendre, comparer vos points de vue …

Enfin, il est important de parler aussi de la vie sociale en ligne, qui peut être le lieu de beaucoup de dérapages. Comment gérer un conflit dans un jeu, sur les réseaux sociaux ? Voilà une compétence essentielle pour nos jeunes. Au collège et au lycée, ils reçoivent déjà beaucoup d’informations (merci les profs !) concernant leur droit à l’image, les mesures de prudence à observer pour préserver leur e-réputation, mais on le leur apprend pas encore à gérer leurs réactions en ligne (encore merci aux profs exceptionnels qui le font, bien sûr !) :

  • Ne jamais oublier que la personne avec qui ils sont en relation est un être humain comme eux ou leurs camarades, ou leurs frères et sœurs, qu’ils ont des sentiments, des émotions, qu’ils peuvent souffrir, même si cela ne se voit pas derrière un écran. Le bon conseil à suivre : « imagine que cette personne est assise à côté de toi avant de dire quelque chose que tu pourrais regretter »
  • Observer ses propres réactions physiques : si l’on sent son cœur battre plus fort, plus vite, sa respiration accélérer, le rouge monter aux joues … il est sans doute temps de se lever, d’aller boire un verre d’eau, de se calmer avant de revenir à la conversation.
  • Ne pas se laisser tenter par l’envie de rameuter toute sa bande pour faire nombre … c’est comme cela que les situations s’enveniment, et que peuvent naître certaines situations de harcèlement.

empathie-ados

Le cas particulier des enfants avec un trouble du spectre autistique

Si l’adolescence est un moment critique socialement pour tout le monde, c’est décuplé pour les jeunes qui sont porteurs d’un trouble du spectre autistique, comme le syndrome d’Asperger ou l’autisme de haut niveau par exemple. La théorie de l’esprit étant un de leurs points faibles, ils ont du mal à comprendre les réactions de leurs pairs, et cela constitue un frein énorme pour eux. L’accompagnement en habiletés sociales (en groupe ou individuel) ne doit surtout pas être arrêté à ce moment-là, et devrait être ré-enclenché si on avait pu faire une pause. À défaut, ils risquent de naviguer entre incompréhension totale et contagion émotionnelle, et leur sentiment d’inadéquation a de fortes chances d’exploser.

Et vous, avez-vous des trucs pour aider votre ado à renforcer son empathie ?

 

2 réflexions au sujet de « Adolescents : continuer à développer leur empathie »

  1. Carole dit :

    Bonjour,

    Merci pour cet article.
    Pour favoriser l’empathie, nous pratiquons le Temps d’Echange en Famille, qui permet à chacun d’aider à comprendre le vécu et les besoins des autres membres de la famille.

    Carole.

  2. Julie dit :

    C’est effectivement un excellent moyen d’apprendre d’une part à exprimer son ressenti et d’autre part à écouter et comprendre celui des autres !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *